Réforme des retraites : Une ligne rouge a été franchie !

Réforme des retraites : Une ligne rouge a été franchie !

Rédigé le 12/12/2019


Après des semaines de tergiversations, le gouvernement a fini par trancher. En plein débat sur la réforme systémique des retraites, il annonce une mesure sur l’âge de départ applicable dès 2022. Une mesure paramétrique inacceptable pour la CFDT qui appelle, le 17 décembre, à la mobilisation pour le contraindre à revoir sa copie.


« Il y avait une ligne rouge dans cette réforme pour la CFDT. Cette ligne rouge est aujourd’hui clairement franchie. » A peine les annonces du Premier ministre connues Laurent Berger n’a pas caché sa colère. Le gouvernement n’a finalement pas revu sa copie et annoncé la mise en place progressive d’un âge d’équilibre à 64 ans dès 2022, c’est-à-dire la génération née en 1960. La CFDT qui soutient l’idée d’une réforme en profondeur du système de retraite et n’avait pas appelé à manifester pour laisser le temps à l’exécutif de présenter son projet avait bataillé jusqu’au dernier jour pour éviter cette mesure paramétrique injuste.

Une mesure d’âge injuste

« Malgré les alertes lancées par la CFDT, le Premier ministre a imposé des mesures d’âge inutiles et injustes à travers l’instauration d’un « âge d’équilibre ». Cet âge d’équilibre remet en cause la promesse du président de la République de ne pas faire d’économies dans le cadre de cette réforme. Ce sont tout particulièrement ceux qui ont commencé à travailler jeunes, et les personnes qui se retrouvent au chômage en fin de carrière qui seront pénalisés. », résume le secrétaire général.

La CFDT rappelle par ailleurs que la réforme Touraine de 2014 pour le privé, et la réforme de 2008 pour les régimes spéciaux et la fonction publique prévoyaient déjà un allongement de la durée de cotisation jusqu’en 2035. Il n’était donc pas souhaitable de faire bouger également l’âge de départ en mettant en place un système de bonus/malus autour de 64 ans.

Les annonces du Premier ministre en ce qui concerne les mesures sociales sont également en deçà des attentes de la CFDT. « La prise en compte de la pénibilité n’est aujourd’hui pas à la hauteur : il est grand temps de mieux reconnaître la pénibilité pour toutes celles et ceux qui la subissent », insiste le secrétaire national en charge des retraites Frédéric Sève. Sur ce point, le projet reste en effet encore très vide à part une avancée sur le travail de nuit. Enfin, la CFDT maintient qu’une carrière complète au SMIC mérite une pension bien supérieure à 85% du SMIC. Les dispositions en matière de retraite progressive restent quant à elles très floues.

« L’obsession budgétaire et la justice sociale ne font pas bon ménage. En souhaitant mener de front une réforme ambitieuse et une réforme budgétaire à l’ancienne, l’exécutif a perdu le sens et la lisibilité d’une réforme du système de retraite pourtant attendue », conclut Laurent Berger.

La CFDT appelle donc l’ensemble des travailleurs à se mobiliser pour que le gouvernement renonce à toute mesure d’âge et pour un système de retraite universel qui soit réellement juste. Cela implique de prendre réellement en compte la pénibilité, d’élever le minimum de pension et de porter de vraies ambitions en matière de retraite progressive. Elle appelle à la mobilisation le 17 décembre.


Communiqué de presse de la confédération CFDT

REFORME DES RETRAITES

Une réforme plombée par l’obsession budgétaire

Malgré les alertes de la CFDT, le Premier ministre a imposé des mesures d’âge inutiles et injustes à travers l’instauration d’un « âge d’équilibre » dès 2022. Pour la CFDT, une ligne rouge a été franchieCette disposition remet en cause la promesse du président de la République de ne pas faire de mesure d’âge. Ce sont tout particulièrement ceux qui ont commencé à travailler jeune, et les personnes qui se retrouvent au chômage en fin de carrière qui seront pénalisés. Dès 2022, ceux qui pouvaient prétendre à la retraite à 62 ans devront travailler plus longtemps pour maintenir leur niveau de pension : si la réforme systémique est repoussée à la génération 1975, les mesures d’économies sont, elles, avancées à la génération 1960.

La CFDT rappelle que les salariés font déjà des efforts puisque les lois antérieures prévoient un allongement de la durée de cotisation pour tous jusqu’en 2035.

La CFDT porte depuis de nombreuses années l’ambition de construire un système de retraite juste, solidaire et universel. Si le rapport Delevoye donne tous les outils pour le bâtir, la concertation menée depuis septembre n’a pas permis d’avancer sur des points essentiels :

  • La reconnaissance de la pénibilité n’est aujourd’hui pas à la hauteur alors qu’elle est une condition de la justice sociale.
  • La CFDT maintient qu’une carrière complète au SMIC mérite une pension bien supérieure à 85% du SMIC. Le gouvernement doit aller plus loin en la matière.
  • Les dispositions en matière de retraite progressive restent quant à elles très floues ; la responsabilité des entreprises dans le maintien dans l’emploi des seniors doit être engagée.
  • Il est urgent que la situation des travailleurs concernés par les régimes spéciaux soit clarifiée, et que les mesures de compensation et de revalorisation salariales pour la fonction publique soient définies.

L’obsession budgétaire et la justice sociale ne font pas bon ménage. En souhaitant mener de front une réforme ambitieuse et une réforme budgétaire à l’ancienne, l’exécutif a perdu le sens et la lisibilité d’une réforme du système de retraite pourtant attendue.

La CFDT appelle donc l’ensemble des travailleurs à se mobiliser le 17 décembre pour que le gouvernement renonce à toute mesure d’âge et rouvre les discussions pour un système de retraite universel qui soit réellement juste.


tract_cfdt_-_reforme_des_retraites_-_le_gouvernement_doit_revoir_sa_copie_mobilisons-nous__2019-12-11_20-05-48_87.pdf tract_cfdt_-_reforme_des_retraites_-_le_gouvernement_doit_revoir_sa_copie_mobilisons-nous__2019-12-11_20-05-48_87