Liberté conditionnelle, jour 30, revenir ou ne pas revenir ?

Liberté conditionnelle, jour 30, revenir ou ne pas revenir ?

Rédigé le 22/06/2020


En ce moment, vous nous sollicitez beaucoup sur le retour. Le retour dans l'Entreprise. Comme je vous l'ai rappelé en fin de semaine dernière, les retours sur site à partir du 13 juillet ne seront plus sur la base du volontariat, mais en fonction d'un roulement défini par le manager. Ce retour sera bien "obligatoire" (même si ce mot semble avoir un sens différent à l'Education Nationale) Bien sûr, pour ceux qui ont un avenant de télétravail, celui-ci devra être respecté.

Pour de nombreux parmi vous, ce retour semble difficile voire douloureux à envisager. Certains même semblent poser volontairement leurs congés dès juillet afin de repousser au maximum ce retour tant redouté.

Dans l'article de 20min du 18 juin dernier, selon l’auteur de La Faillite de la pensée managériale (Seuil, 2015), et fin observateur des travers du monde de l’entreprise, le sociologue François Dupuy (qui n'a rien à voir avec notre Pascal Dupuy à nous qu'on a) ne trouve rien d’étonnant à ce que les gens ne souhaitent pas revenir sur site. "Avec le confinement, de nombreux salariés qui ont goûté au télétravail ont fini par l’apprécier. De quoi rendre les appels au retour des entreprises plus compliqués, par-delà la crainte du virus. « Ce qui a caractérisé le confinement, c’est le temps retrouvé. En se passant des transports, ils ont gagné deux heures. Les Français ont redécouvert l’autonomie, le fait de travailler quand on en a envie. Ils se sont sentis plus productifs », souligne le sociologue des organisations et professeur à l’Edhec.

Dans une tribune du journal "Le Monde" d'aujourd'hui intitulée Déconfinement : « Au secours, mes salariés ne veulent pas revenir ! », le consultant Christian Robin observe que "les entreprises doivent parvenir à surmonter la réticence des salariés à revenir au travail après des semaines de confinement. Semblables au gardien de phare ou au chercheur d’or d’antan, ils souffrent du « syndrome de la cabane » décrit dès le déconfinement espagnol fin avril : la peur, après des mois de solitude, de se confronter au monde extérieur, symbole de tous les dangers.

Mais attendre septembre peut aussi bien permettre aux uns d’apprivoiser leur anxiété et d’aller de l’avant, comme aggraver celle des autres et les tétaniser."

L'aspect sanitaire est bien traité à Generali globalement, que ça soit en Ile-de-France ou en régions.

Il y a donc cet autre aspect, davantage imperceptible, qui ressemble à ce qu'on appelle "syndrome post-traumatique".

Pourtant il faut que chacun sache, qu'il se rappelle, qu'il fait partie de Generali, qu'il en est une partie indispensable. L'Entreprise n'est pas qu'une somme d'individualités, mais elle est bien un collectif (si cher à nous autres syndicalistes) et à rester chacun chez soi, ce collectif risque de disparaître, au détriment de l'Entreprise évidemment, mais aussi au détriment de chacun. L'être humain est un être social qui a besoin de l'autre pour vivre, ou simplement pour exister. C’est aussi ainsi que nait (ou peut mourir) le sentiment d'utilité si nécessaire à son besoin individuel de reconnaissance.

J'ai été conforté pendant cette période de distanciation sociale que les moments informels en entreprise sont primordiaux. Ces fameux échanges à la machine à café, ou lorsqu'on se croise dans les couloirs permettent de parler de tout mais souvent de boulot. Ces échanges informels n'existent plus dans le "travail à distance". Il est très rare qu'on appelle au téléphone un collègue pour lui demander comment il va (sauf les bons managers bien-sûr).

Même si les vacances se profilent, même si le soleil et la chaleur font leur retour, il est important pour chacun de nous, si notre santé et celle nos proches le permettent, ou si la garde d'enfant le permet, de revenir sur site pour récréer ce lien social qui fait de nous des êtres humains à part entière.

D'ailleurs, pour les franciliens, nous serons quelques-uns de l'équipe CFDT Generali sur le site de St Denis, mardi et jeudi, au local de Wilo. Si vous voulez passer, et pour s'assurer que les "gestes barrières" pourront être respectés, dites-nous quand vous voulez passer ! Ca nous ferait plaisir de vous voir!

En attendant, et pour tout le monde, je peux déjà vous annoncer qu'un nouvelle réunion d'adhérents "Teams" (en visioconférence donc) est prévue le jeudi 2 juillet entre 13h et 14h! réservez votre créneau horaire!

A très bientôt et portez-vous bien !

Photo de Philipp Birmes provenant de Pexels